Entrevue

Le Festival d'été de Québec: Affiches commémoratives pour le 50e anniversaire

Fred Jourdain / Martin Parrot

« L'histoire du FEQ et son caractère mythique. »

 

En plus de la basse pour Red Hot Chili Peppers en 2016, le FEQ t'a passé une commande pour des affiches afin de souligner leur 50e anniversaire l'année suivante, en 2017. Comment ça s'est passé?

 

En janvier 2017, j'ai été invité à une rencontre avec Louis Bellavance, directeur de la programmation du Festival. Nous avions eu des discussions à ce sujet en 2015 et c'était resté sur la table. Après la remise de la basse pour Flea, en juillet 2016, Louis a réussi à convaincre le conseil d'administration de me donner le mandat de créer quelque chose à l'occasion de la 50e édition du FEQ.

J’ai proposé une idée très simple : créer une affiche qui ne nommerait pas les « bands » et qui serait un objet de collection, un beau souvenir pour les festivaliers. Une affiche artistique, tout simplement. Je voulais créer un sentiment d’appartenance envers la marque du FEQ et faire honneur à la personnalité du festival à travers des affiches.

 

Je visais quelque chose qui sort de l'ordinaire. Je voulais qu'on souligne l'histoire du FEQ, son caractère mythique. Louis était d'accord avec mon approche, alors je suis parti là-dessus. J'ai fait une pile de croquis et je suis retourné le voir quelques semaines plus tard.

J'avais beaucoup de belles pistes, mais celles qui me plaisaient le plus tournaient beaucoup autour de l'idée que la modernité s'érige sur les épaules du passé, un temps lointain qui n'est pas complètement disparu.

 

Je voulais évoquer le caractère historique des Plaines d'Abraham et des grands shows qui s'y produisent, mais de manière plutôt métaphorique, en y ajoutant une touche " funky ", comme si un portail s'était ouvert entre deux époques.

 

Comment en arrives-tu à t'arrêter sur un concept en particulier ?

 

C'est un défi parce que le FEQ, ce n'est pas un festival qui fait dans un style musical unique. L'offre est très variée avec des artistes et vedettes de plusieurs horizons. Ce n'est donc pas évident à synthétiser en une image. Il me fallait éviter de dessiner quelque chose qu'on pourrait associer à tel ou tel groupe ou encore à un genre musical précis.

 

Mes esquisses initiales ont plu, mais après quelques rencontres, on m'a demandé de faire 3 affiches différentes, une pour chacune des scènes principales. Plus ou moins motivé par cette nouvelle contrainte, j'ai quand même joué le jeu et tenté d'en extirper quelque chose. J'avais plusieurs bonnes idées, mais je ne réussissais pas à former un trio d'affiches qui serait satisfaisant. Mon concept favori restait celui du point de rencontre, sur les Plaines, entre le passé et le présent.

 

J'ai présenté tellement d'idées sous forme d'esquisses que c'est devenu difficile de trancher pour les gens du festival.

 

Trois semaines avant le début du festival, je n'avais toujours pas eu de « GO ». J'ai dû poser un ultimatum : je devais absolument me mettre aux illustrations finales si l'on voulait faire imprimer les affiches à temps pour le festival.

Quelles étaient les deux affiches ?

 

La première affiche, c’est celle avec l’image assez classique, mais bien stylisée d’un musicien « sans visage », le genre d’image caméléon qui se porte bien à plusieurs contextes et qui ne cadre pas le musicien dans un style précis. C’est une belle affiche, mais je l’ai fait en la jouant « safe ». Je me disais que s’ils n’aimaient pas les autres, plus psychédéliques, ils en auraient une qui passerait bien au conseil. J’y ai même intégré le « skyline » de la ville, ça fait pas mal au final (rires) !

La deuxième affiche était plus « flyée ». J’ai pris un risque et honnêtement, suite à toutes les discussions que j’avais eues, je ne pensais pas qu’ils apprécieraient. J’ai décidé de me faire plaisir et de tenter quelque chose.

 

Je l’ai intitulée Sur les Épaules de Géants et ça reprend quelques-unes de mes idées de départ, dont le fait que le présent réveille les vestiges grandioses du passé par la « vibe » de la musique. À ma grande surprise, ça a été leur préférée ! J’étais bien content d’y être allé d’un peu d’audace au final.

La troisième affiche, qui n'a pas été retenue, était plus représentative du côté musique du monde, jazz et blues, des style qui sont très présent au festival depuis les débuts. Je l'aimais bien alors je l'ai retravaillée et intégrée dans ma collection personnelle.

CRÉDITS PHOTOS

Anthony Jourdain, Catherine Côté, Fred Jourdain, Martin Poulin, Martin Côté

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Ó Affranchi - Le contenu de cette publication ne peut être reproduit sans le consentement de l'auteur


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Le Festival d'été de Québec: Affiches commémoratives pour le 50e anniversaire

Fred Jourdain / Martin Parrot

« L'histoire du FEQ et son caractère mythique. »

 

En plus de la basse pour Red Hot Chili Peppers en 2016, le FEQ t'a passé une commande pour des affiches afin de souligner leur 50e anniversaire l'année suivante, en 2017. Comment ça s'est passé?

 

En janvier 2017, j'ai été invité à une rencontre avec Louis Bellavance, directeur de la programmation du Festival. Nous avions eu des discussions à ce sujet en 2015 et c'était resté sur la table. Après la remise de la basse pour Flea, en juillet 2016, Louis a réussi à convaincre le conseil d'administration de me donner le mandat de créer quelque chose à l'occasion de la 50e édition du FEQ.


J’ai proposé une idée très simple : créer une affiche qui ne nommerait pas les « bands » et qui serait un objet de collection, un beau souvenir pour les festivaliers. Une affiche artistique, tout simplement. Je voulais créer un sentiment d’appartenance envers la marque du FEQ et faire honneur à la personnalité du festival à travers des affiches.

 

Je visais quelque chose qui sort de l'ordinaire. Je voulais qu'on souligne l'histoire du FEQ, son caractère mythique. Louis était d'accord avec mon approche, alors je suis parti là-dessus. J'ai fait une pile de croquis et je suis retourné le voir quelques semaines plus tard.


J'avais beaucoup de belles pistes, mais celles qui me plaisaient le plus tournaient beaucoup autour de l'idée que la modernité s'érige sur les épaules du passé, un temps lointain qui n'est pas complètement disparu.

 

Je voulais évoquer le caractère historique des Plaines d'Abraham et des grands shows qui s'y produisent, mais de manière plutôt métaphorique, en y ajoutant une touche " funky ", comme si un portail s'était ouvert entre deux époques.

 


Comment en arrives-tu à t'arrêter sur un concept en particulier ?

 

C'est un défi parce que le FEQ, ce n'est pas un festival qui fait dans un style musical unique. L'offre est très variée avec des artistes et vedettes de plusieurs horizons. Ce n'est donc pas évident à synthétiser en une image. Il me fallait éviter de dessiner quelque chose qu'on pourrait associer à tel ou tel groupe ou encore à un genre musical précis.

 

Mes esquisses initiales ont plu, mais après quelques rencontres, on m'a demandé de faire 3 affiches différentes, une pour chacune des scènes principales. Plus ou moins motivé par cette nouvelle contrainte, j'ai quand même joué le jeu et tenté d'en extirper quelque chose. J'avais plusieurs bonnes idées, mais je ne réussissais pas à former un trio d'affiches qui serait satisfaisant. Mon concept favori restait celui du point de rencontre, sur les Plaines, entre le passé et le présent.




J'ai présenté tellement d'idées sous forme d'esquisses que c'est devenu difficile de trancher pour les gens du festival.

 

Trois semaines avant le début du festival, je n'avais toujours pas eu de « GO ». J'ai dû poser un ultimatum : je devais absolument me mettre aux illustrations finales si l'on voulait faire imprimer les affiches à temps pour le festival.


Quelles étaient les deux affiches ?

 

La première affiche, c’est celle avec l’image assez classique, mais bien stylisée d’un musicien « sans visage », le genre d’image caméléon qui se porte bien à plusieurs contextes et qui ne cadre pas le musicien dans un style précis. C’est une belle affiche, mais je l’ai fait en la jouant « safe ». Je me disais que s’ils n’aimaient pas les autres, plus psychédéliques, ils en auraient une qui passerait bien au conseil. J’y ai même intégré le « skyline » de la ville, ça fait pas mal au final (rires) !


La deuxième affiche était plus « flyée ». J’ai pris un risque et honnêtement, suite à toutes les discussions que j’avais eues, je ne pensais pas qu’ils apprécieraient. J’ai décidé de me faire plaisir et de tenter quelque chose.

 

Je l’ai intitulée Sur les Épaules de Géants et ça reprend quelques-unes de mes idées de départ, dont le fait que le présent réveille les vestiges grandioses du passé par la « vibe » de la musique. À ma grande surprise, ça a été leur préférée ! J’étais bien content d’y être allé d’un peu d’audace au final.


La troisième affiche, qui n'a pas été retenue, était plus représentative du côté musique du monde, jazz et blues, des style qui sont très présent au festival depuis les débuts. Je l'aimais bien alors je l'ai retravaillée et intégrée dans ma collection personnelle.
 


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Anthony Jourdain, Catherine Côté, Fred Jourdain, Martin Poulin, Martin Côté

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